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Une quarantaine de personnes manifestent à Sarlat contre la fermeture des deux dernières pharmacies du centre-ville

Publié il y a 5 heures

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Une quarantaine de Sarladais se sont réunis devant la pharmacie de La Boétie, avant de marcher jusqu'à celle de la Salamandre. © Radio France - Marie-Astrid Guégan

Une quarantaine de personnes ont défilé dans le centre-ville de Sarlat (Dordogne) ce mercredi 27 mai, entre les pharmacies La Boétie et de la Salamandre. À l'appel du collectif citoyen La Relève, ils se sont mobilisés contre la fermeture des deux dernières officines du centre-ville de la commune.

Une quarantaine de personnes ont manifesté devant les deux pharmacies du centre-ville de Sarlat ce mercredi 27 mai en fin de journée. Les officines de La Boétie, située dans la Traverse, et celle de la Salamandre, avenue Thiers, vont fermer définitivement samedi 30 mars. Il ne restera que trois pharmacies à Sarlat, toutes situées en périphérie de la ville. Le collectif citoyen La Relève, à l'origine du rassemblement, demande à ce que la fermeture des deux pharmacies du centre soit "entravée".

"Avec la fermeture des deux pharmacies, l'offre de soins est une nouvelle fois dégradée à Sarlat et pour les habitants du centre-ville. Les comptables de la santé peuvent bien prétendre que trois pharmacies suffiraient pour une population comme la nôtre. Mais ils font pour cela l'impasse sur les centaines de milliers de visiteurs qui fréquentent la cité de la Boétie et qui eux aussi ont besoin d'accéder aux médicaments", ont écrit les militants dans une lettre lue ce mercredi soir devant la pharmacie de La Salamandre.

"Qu'en sera-t-il donc des personnes âgées et des saisonniers ?"

"L'accès aux médicaments, aux consultations en visio, aux vaccinations va devenir plus difficile. Qu'en sera-t-il donc des personnes âgées, des citoyens et des saisonniers dépourvus de voiture ?", questionnent-ils. "On estimait qu'on ne pouvait pas rester les bras croisés sans rien faire", ajoute Luis Ferreyra, l'un des fondateurs de la Relève, ancien candidat aux élections municipales à Sarlat, aujourd'hui conseiller d'opposition.

La pharmacie de La Salamandre vient d'être placée en liquidation judiciaire. Sa gérante parle, elle, de départ en retraite, tout comme le patron de la pharmacie La Boétie. Âgé de 69 ans, Michel Miny affirme qu'il a cherché un repreneur pendant six ans, sans succès. Il a fini par accepter l'offre d'une ancienne pharmacienne de l'officine Lagoubie, l'une des trois pharmacies de la périphérie, située au nord de la ville. Celle-ci a ainsi racheté les fonds de commerce, et donc les clientèles, des deux pharmacies du centre-ville pour s'installer dans une autre des pharmacies de Sarlat, celle de la Dordogne avenue Aristide Briand.

Une lettre envoyée au ministère de la Santé

"L'avidité d'intérêts privés pressés de constituer un monopole sur Sarlat et la boussole de la rentabilité financière ne peut l'emporter sur l'intérêt de notre population. La fermeture des deux pharmacies le 1er juin doit être entravée. Il en va de l'intérêt général, de l'offre de soins pour tous", ont affirmé les manifestants. Ils considèrent que la pharmacienne qui absorbe les deux officines du centre-ville, avec le soutien financier de Vincent Lagoubie, patron de l'officine du même nom, aurait dû attendre avant de les fermer, et tenter davantage pour trouver au moins un pharmacien prêt à s'installer dans le cœur de Sarlat.

Le collectif va envoyer sa lettre au ministère de la Santé, à l'Agence régionale de santé et aux élus de Dordogne. "Le ministère et l'ARS disposent de moyens de pression ou d'incitation pour faciliter des installations ou pour faire revenir le groupe Lagoubie sur ses décisions. Ils peuvent obtenir qu'au moins une pharmacie reste dans le centre-ville de Sarlat", estiment ses membres.

Auteur : Marie-Astrid Guégan
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