Limoges : la CFDT s'inquiète du nombre de dates de spectacles au Zénith, "on s'interroge pour l'emploi"
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Des militants de la CFDT se sont rassemblés ce jeudi devant le Zénith de Limoges, en Haute-Vienne. Ils disent s'inquiéter pour l'emploi alors que les spectacles y sont moins nombreux par rapport à d'autres Zéniths de même taille en France.
La CFDT s'inquiète de la programmation du Zénith de Limoges et de ses conséquences sur l'économie locale. Avec moins de dates et moins de têtes d'affiche selon Frédéric Niguet et la demi douzaine de syndicalistes de la CFDT conseil communication culture du Limousin, rassemblée ce jeudi devant la salle de spectacle. Aucun intermittent parmi eux mais une réelle inquiétude pour les professionnels qui en vivent : "pourquoi aujourd'hui on n'a pas Santa, Claudio Capéo, Hoshi ou encore Grand Corps Malade ? En 2026, on a compté 36 dates sur Limoges, 66 à Amiens, 80 à Pau et 86 à Caen. On s'interroge pour l'emploi, les techniciens au niveau du son et de la lumière, le maquillage, les habilleurs. Il y a aussi de l'emploi pour ls étudiants avec les placeurs, et de l'emploi pour la sécurité.
"On est tributaire des producteurs"
Ces syndicalistes ont vu la directrice du Zénith de Limoges venir à eux pour discuter. Si elle conteste les chiffres, avec 35 spectacles en 2024, 39 en 2025 et 46 en 2026, Pascale Tauzin rappelle surtout que ce n'est pas elle qui fait la programmation : "On est tributaires des producteurs qui organisent les tournées. Ce n'est pas nous qui faisons la programmation du Zénith, ce sont les producteurs qui louent la salle. Ce sont eux qui regardent par rapport à leur équilibre économique et leur stratégie de tournée." La rentabilité au cœur des stratégies des grosses tournées, c'est de plus en plus vrai selon Michel Goudart. Ce célèbre tourneur limougeaud aujourd'hui à la retraite a fait partie de ceux qui ont œuvré pour la création du Zénith de Limoges, il y a déjà presque 20 ans.
"Aujourd'hui les artistes majeurs, lorsque le potentiel s'y prête, préfèrent s'installer dans une salle dans une grande métropole et y donner plusieurs spectacles de suite plutôt que d'être itinérant, ce qui est un problème au niveau de la pollution des camions et un problème au niveau des coûts de manutention. Ça permet d'avoir une économie plus restreinte des coûts de spectacle." Une logique renforcée selon lui par la mainmise des grandes firmes, qui peu à peu ont remplacé les petits producteurs locaux attachés à leurs territoires. Un argument que Frédéric Niguet comprend, mais auquel il ne souscrit pas quand il voit que certaines tournées font des Zéniths mais pas celui de Limoges :"Amiens, c'est exactement la même taille que Limoges, c'est même un peu plus petit au niveau de l'agglomération, et c'est exactement la même salle. Comment se fait-il qu'il y a beaucoup plus de programmation là-bas ?"
Un Zénith moins attractif qu'il y a 20 ans
Une question pertinente qui n'amène pas forcément une seule explication. Il faut probablement s'interroger sur l'enclavement de Limoges, le niveau de vie des habitants, ou encore sur la concurrence de plus en forte de salles voisines, comme l'Arena Futuroscope à Poitiers. Parmi les syndicalistes présents ce jeudi, une habitante de Tulle a expliqué qu'elle privilégiait désormais le Palio de Boulazac. Un exemple de l'attractivité moindre aujourd'hui du Zénith de Limoges, après un indéniable effet de nouveauté à son lancement en mars 2007. Et il y a surement d'autres pistes à creuser. Dans certaines régions, des collectivités peuvent par exemple faire en sorte que les coûts de location soient plus intéressants pour séduire les producteurs et leurs artistes.