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Canicule en Creuse : l'hôpital de Guéret décide de déclencher son « plan blanc » La direction du centre hospitalier de Guéret a pris ce jeudi matin la décision de mettre en place son « plan blanc » pour faire face à l’afflux de patients dû à la vague

Publié il y a 9 heures

Illustration
Le centre hospitalier de Guéret déclenche un « plan blanc » à l’échelle locale, mais celui-ci n’a pas été décrété nationalement. © Alex Overton

Aux alentours de 11 heures, ce mercredi matin, un amas de personnes commençait à se former devant l’entrée du centre hospitalier de Guéret. Impossible d’accueillir de nouveaux patients ? Pas du tout, une simple alerte incendie bloquant les portes automatiques du bâtiment. À l’intérieur, on se prépare à vivre des prochains jours particulièrement actifs, en raison de la canicule qui touche en ce moment une grande partie de la France.

Pour le moment, les services du centre hospitalier ne subissent pas un afflux massif de patients liés à cette vague de chaleur. En cause, une sorte de délai entre les premières journées caniculaires et leur impact sur les patients. « Il y a toujours ce décalage de deux ou trois jours, indique Béatrice Fougerard, cadre supérieure à l’hôpital. Au départ, le corps est résistant, mais au bout d’un moment, il commence un peu à s’effondrer. Et pour les personnes âgées qui sont toutes seules à domicile, qui n’ont pas été sollicitées pour s’hydrater, ou pour manger plus de fruits, on sait que dans les 72 heures, il va y avoir un pic pour ces patients. »

Les premiers effets se sont donc fait ressentir mercredi. Les urgences ont enregistré 74 entrées sur la journée, contre environ 55 pour une journée classique. Un nombre qui, selon la direction, pourrait encore augmenter dans les jours à venir. Ces passages aux urgences concernent en priorité des personnes âgées, déshydratées, souvent hospitalisées par la suite.

Des enfants ont aussi été concernés par ces phénomènes de déshydratation, même s’il est plus rare qu’une hospitalisation soit décrétée pour ces cas-là. Cette montée en puissance des coups de chaud est aussi recensée par les médecins régulateurs, qui ont constaté une hausse de 40 % des appels depuis trois jours.

Une salle d’intervention chirurgicale en moins

En se basant sur ces indicateurs, et pour anticiper la fin de semaine, les membres de la direction du centre hospitalier se sont réunis hier matin pour faire le point. À l’issue de cette réunion, il a été décidé de mettre en place le « plan blanc », un dispositif d’urgence destiné à organiser une réponse rapide face à une situation sanitaire exceptionnelle. Celui-ci n’est pas déclenché au niveau national, mais l’hôpital de Guéret a pris la décision de lancer son propre protocole.

Pour l’heure, le dispositif n’est pas déployé pleinement, mais une première mesure a été mise en place ce jeudi, dans la journée, avec la réduction de l’activité en chirurgie.

« Actuellement, nous fonctionnons avec trois salles d’interventions. Afin de libérer des lits pour les patients, on va maintenant travailler sur deux salles, ce qui devrait libérer dix places dans un premier temps. »
Natacha Pascal (Cadre supérieure en charge de la chirurgie)

Les chirurgiens devaient faire un tri dans leurs interventions programmées pour ne garder que les plus urgentes, et donc limiter le nombre d’hospitalisations.

Ce « plan blanc » pourrait être amené à évoluer dans les jours à venir, en fonction de l’évolution de l’activité au sein de l’établissement. Le bâtiment, lui, comme la plupart des centres hospitaliers en France, n’est pas entièrement climatisé. Mais certains espaces bénéficient tout de même de ce système technique, notamment le cinquième étage, qui accueille les personnes âgées de plus de 75 ans. Les postes centraux infirmiers, le service de réanimation, l’unité de soins intensifs en cardiologie et les urgences sont aussi équipés de climatiseurs.

Créativité et adaptabilité

Pour le reste des chambres, la température oscille entre 26 et 30 °C. « Toutes les chambres sont équipées de ventilateurs, souligne Fatiha Zidane, directrice de l’hôpital. Nous avons aussi mis des brumisateurs à disposition de chaque patient. Des tours d’hydratation sont organisés, c’est-à-dire que les équipes de jour et de nuit passent de manière très régulière dans les chambres pour donner à boire aux patients, ou proposer des glaces, des laitages. L’offre de restauration a aussi été adaptée, pour éviter tout ce qui peut dégager trop de chaleur au moment de l’alimentation, et privilégier les fruits et les légumes. »

faire preuve de « créativité ». Comme dans d’autres hôpitaux en France, des couvertures de survie ont été placées sur les fenêtres. À l’Ehpad Anna Quinquaud, de grands draps ont été disposés devant les imposantes baies vitrées donnant sur l’espace de restauration de l’établissement.

Autant d’adaptations réalisées par les soignants eux-mêmes, pour combler, selon eux, un défaut dans la construction des bâtiments. « Tout a été pensé pour l’isolation thermique face au froid, mais pas contre le chaud, regrette Fatiha Zidane. Lorsque ce n’est pas pensé dès le départ, c’est toujours plus complexe d’adapter. Aujourd’hui, on sait tous que s’il faut un jour construire un nouvel hôpital, il faudra évidemment penser à la climatisation. »

Pour le moment, au sein des installations actuelles, l’adaptation reste le maître mot. Mais face à un phénomène qui pourrait devenir récurrent, des questions peuvent se poser sur la pérennité de ces méthodes. 

Auteur : Par Josué Charlos
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